Dossiers


 

La validation des acquis de l'expérience :
tout le monde peut en bénéficier !

 

marie_hlne_coins_arrondis

Entretien avec Typhaine Giguelay -Thenet,
chargée de mission VAE, GREF Bretagne

 

 

 

 

A qui s’adresse la validation des acquis de l'expérience ?

A tout le monde, quels que soient son âge, son niveau scolaire, son parcours, son statut (demandeur d’emploi, salarié -en CDI, CDD, intérimaire...-, profession libérale, agent de la Fonction publique, d’État ou territoriale...), bénévole associatif, etc.

 

A quoi sert-elle ?

Elle sert d’abord à soi-même. Elle permet une reconnaissance officielle de ses compétences et de ses connaissances. Mais obtenir un diplôme n’est pas une fin en soi, cela s’inscrit dans un projet. La validation des acquis de l'expérience (VAE) peut ainsi répondre à un besoin de reconnaissance personnelle, ouvrir l’accès à un concours, permettre d’évoluer dans son entreprise, etc.

Attention : l’employeur n’est jamais contraint d’en tenir compte pour accorder une promotion ou un changement de poste (sauf disposition contraire de la convention collective).
La VAE n’est pas non plus à la base une formation, même si elle peut déclencher l’envie de se former

 

Où trouver de l’information sur la VAE ?

Auprès des points d’accueil du Service public régional de l’orientation et de l'évolution professionnelle (SPRO-EP) pour une information générale sur ce qu'est la VAE (trouver un point d’accueil SPRO-EP près de chez vous).

Auprès d’un opérateur Conseiller en évolution professionnelle (CEP) pour un conseil personnalisé et un choix de VAE qui soit adapté au parcours et au projet. du candidat (trouver un CEP près de chez vous)

 

Il existe plus de 17 000 certifications accessibles par la VAE, du CAP au doctorat en passant par les titres et les Certificat de qualification professionnelle (CQP) : on a de grandes chances de trouver celle qui convient.

À noter : on peut présenter un dossier de VAE quels que soient les diplômes qu’on possède déjà ou non. Par exemple, on peut présenter une demande pour une licence professionnelle sans avoir le bac, ou à l’inverse, postuler pour un DUT alors qu‘on a un master dans un autre domaine.

 

Comment  savoir si la démarche a des chances d’aboutir ?

Il faut d’abord s’adresser au certificateur qui délivre la certification qui nous intéresse: ministère (éducation, agriculture, travail, santé et affaires sociales, défense...), université, école ou organisme de formation. On y dépose une demande de recevabilité. Cette formalité, importante mais assez souple, permet à l’organisme certificateur de vérifier la cohérence entre l’expérience et la certification demandée.

A noter : pour demander une VAE, il faut pouvoir faire la preuve d'un an au moins d’expérience en rapport avec la certification demandée. Cette expérience peut avoir été acquise dans le champ professionnel mais aussi associatif ou syndical.

 

Comment se déroule une VAE ?

La VAE se déroule généralement en deux grandes étapes :

  • la constitution d’un dossier par le candidat qui retrace précisément son expérience. Il est fortement conseillé à ce candidat d’être accompagné dans le montage de ce dossier ;
  • l’entretien avec un jury
À noter : le ministère du Travail prévoit une mise en situation professionnelle, réelle ou reconstituée.

 

Si le candidat possède les compétences, aptitudes et connaissances exigées pour l’obtention du diplôme ou certificat concerné, il peut obtenir :

  • la validation totale lorsque toutes les conditions sont réunies
  • la validation partielle : le jury précise dans ce cas la nature des connaissances et aptitudes devant faire l’objet d’un contrôle complémentaire dans un délai de cinq ans.

En quoi consiste le dossier de VAE ?

Le dossier relate l’expérience en relation avec la certification demandée et présente des justificatifs à l’appui de cette expérience.
Même si le candidat n’a pas de difficultés face à l’écrit, l’expérience prouve que l’accompagnement est essentiel, aussi bien pour trouver les justificatifs adéquats que pour l’élaboration du dossier. L’accompagnateur mettra souvent en lumière des compétences que le candidat n’est même pas ou plus conscient dans sa pratique de posséder.

 

Comment choisir son accompagnement ?

Dans la plupart des cas, les certificateurs proposent un accompagnement. En Bretagne, des organismes de formation se mobilisent autour de l'Engagement régional pour un accompagnement VAE de qualité. Cet engagement garantit une qualité de service et un traitement personnalisé lors de l’accompagnement pour la constitution du dossier de VAE (liste des organismes accompagnateurs).
Dans tous les cas, il faut avoir un vrai feeling avec son accompagnateur pour favoriser la symbiose entre le travail de l’un et l’analyse de l’autre.

 

Si l’accompagnement est indispensable, il est aussi payant. Comment peut-on le financer ?

Dans la grande majorité des cas, on peut trouver un financement.

Faut-il craindre le passage devant le jury ?

Le jury est formé de professionnels et de responsables du diplôme. Il n’est pas là pour mettre le candidat en difficulté, mais pour poser des questions complémentaires à la lecture du dossier et mesurer l’étendue des connaissances (compétences) de la personne qui sollicite la validation.

 

Comment faire en cas de validation partielle ?

Le candidat dispose de 5 ans pour compléter son expérience ou sa formation et se représenter devant le jury.
Les organismes de formation et les certificateurs ont fait beaucoup d’efforts pour proposer des formations de plus en plus modulaires. De même, le jury s’intéresse davantage à la personne et à ses contraintes pour accéder à la validation totale. L’esprit de la loi est bien que les personnes engagées dans une VAE aboutissent dans leur projet.

 

 

Les chiffres clés de la VAE

  • En Bretagne, près de 3000 candidats se présentent chaque année devant les jurys VAE et près de 6 candidats sur 10 obtiennent une validation totale.
  • Leur moyenne d’âge est de 40 ans. Les femmes sont en moyenne légèrement plus âgées (41 ans) que les hommes (39 ans).
  • A l’entrée du dispositif, 6 candidats sur 10 sont salariés, près de 2 sur 10 sont demandeurs d’emploi.
  • Les certifications demandées relèvent à 55% du niveau V (CAP, BEP), 11% de niveau IV (BP, BT, baccalauréat), 19% de niveau III (DUT, BTS, DEUG, ...), 6% relevant des niveaux I et II (licence, maîtrise, master, doctorat, ...).

 

 

Photo : Gwénaëlle Berthelo

Mise à jour le 11 / 09 / 2017
 

Télécharger le guide VAE

Guide-VAE